En 1980, parce que la jeune fille que je venais d'épouser trouvait mon nom bizarre, je me transformais en détective
pour traquer l'ancêtre. Pendant des années j'ai navigué dans le brouillard, ne ramassant que de petites informations
par-ci, par-là. Mais si précieuses qu'un jour elles m'amenèrent de l'autre côté du Rhin, où je tombai sur un allemand
qui avait remonté dans notre arbre jusqu'à l'an mille et reconstitué un dossier généalogique de près de 300 pages, la
plupart écrites en gothique. Mon épouse savait enfin d'où je venais !
Pour le jeune informaticien que j'étais, ce fut alors le germe d'une idée : communication et échange, tels devaient
être les deux maîtres mots pour pénétrer dans le monde hermétique, à cette époque, de la généalogie. Persuadé qu'un
fichier national des patronymes serait accueilli avec empressement, j'entreprenais alors aussitôt de combler cette
lacune en créant, en 1986, le premier service minitel entièrement consacré à la généalogie, 3615
Geneal, suivi en 1990 de la diffusion commerciale d'un logiciel de
généalogie, de même nom, pour la gestion informatisée de ses données personnelles.
La confrontation de centaines de généalogies que je recevais spontanément pour les inclure dans l'immense base
généalogique du minitel, me révéla une chose étrange : la concordance de plusieurs branches dont de nombreuses
remontaient à Hugues Capet ! Mon idée alors était que nous devions tous être cousins, et puisque qu'en cette année
1987, nous célébrions le millénaire capétien, pourquoi ne pas choisir à cette occasion Hugues Capet comme ancêtre
commun ? Un peu par provocation, je lançais alors la formule, aussitôt reprise par les media, "Un européen sur deux
descend d'Hugues Capet !"...
Mais plus que la constatation quotidienne contre laquelle on ne peut opposer aucune loi mathématique, j'étayais mon
slogan en affirmant que nous avons tous deux parents, quatre grand-parents, huit arrière-grand-parents, et ainsi de
suite jusqu'à arriver à un milliard d'ancêtres à l'époque d'Hugues Capet, alors que l'on sait que la population
française ne dépassait pas dix millions d'habitants. D'où forcément un recouvrement dans les descendances !
Ma démarche pour pouvoir prouver que nous avons pratiquement tous Hugues Capet comme ancêtre commun évolua de la
même manière que s'il fallait que je prouve le contraire ! C'est par l'enregistrement de branches capétiennes
descendantes et le recoupement systématique de celles-ci, que j'essaie d'atteindre au plus vite l'objectif de mon
entreprise : à chaque enregistrement d'un personnage contemporain, j'ai pris l'habitude de vérifier s'il apparaissait
dans le Bottin Mondain. A ce jour, près de 32% de son contenu
se retrouve dans la base capétienne de 175.000 personnages.
Les célèbres Cahiers de Saint-Louis, ainsi qu'une sélection des meilleurs ouvrages généalogiques, m'ont servi
au départ à bâtir "l'ossature royale" du recensement. Très vite, la participation spontanée de nombreux passionnés
d'histoire et de généalogie m'ont apporté des filiations appartenant à tous les milieux sociaux. La mise en service
en 1996 du site Geneal.com sur Internet a mondialisé et multiplié les échanges : des centaines de généalogies sont
en cours d'enregistrement.
De nombreuses surprises ont atténué ma tâche : j'enregistrais deux de nos derniers présidents de la République :
Valéry Giscard d'Estaing,
François Mitterrand,
et au-delà des océans, le président américain
George Bush !
En restant dans le monde de la politique, je rencontrais
Philippe de Villiers,
Raymond Barre,
Hervé de Charrette,
Françoise de Panafieu,
fille de l'ancien ministre François Missoffe,
Bernadette Chirac,
Ernest-Antoine Seillière. Puis dans le monde du spectacle :
Audrey Hepburn,
Céline Dion,
Jane Birkin,
une des petites filles de Gilbert Bécaud, etc...
Mon projet prenant alors une telle ampleur, c'est alors que j'ai entrepris en 2000 la diffusion publique
d'un CD-ROM contenant l'intégralité de la base capétienne, avec mise à jour tous les ans. Son logiciel
intégré permet de visualiser et imprimer "à la carte" les tableaux d'ascendance et de descendance, ainsi que
les listes et les fiches. Le CD-ROM de la Descendance Capétienne (édition 2008) contient 175.000 personnages.
Toutes les personnes qui me soumettront par la suite une filiation capétienne inédite recevront gracieusement
en retour un petit fichier qui mettra automatiquement à jour leur base capétienne. Restant très attaché à la
notion d'échange, je pense que c'est sans doute la meilleure formule pour satisfaire l'intérêt des généalogistes
et de leurs familles.
Les lecteurs intéressés par le CD-ROM de la Descendance Capétienne
peuvent se le procurer auprès des Editions TRIATEL, 17 rue Baillet-Reviron, 78000 Versailles (tél: 01.39.07.29.68) au prix de 95 euros.